Avec environ 33 litres bus en moyenne par habitant chaque année, la bière reste une boisson incontournable dans les foyers et les bars français. Pourtant, le marché n’a plus grand-chose à voir avec celui d’il y a dix ans : les volumes stagnent, les prix grimpent, et de nouveaux réflexes de consommation redessinent le podium des marques préférées. Voici un état des lieux complet et à jour des bières les plus consommées en France en 2025 et 2026.
Un marché mature qui change de visage
Le secteur brassicole français pèse aujourd’hui environ 7 milliards d’euros, répartis entre la grande distribution et les cafés, hôtels et restaurants. Après plusieurs années de croissance continue, la progression s’est nettement ralentie : à peine 1 % d’augmentation annuelle récemment, contre une moyenne bien plus élevée sur la décennie précédente. Une météo estivale peu clémente et un contexte économique tendu ont pesé sur les ventes en volume, tandis que la hausse des prix a permis au marché de rester globalement stable en valeur.
Trois géants continuent de structurer l’essentiel de l’offre : Heineken France, Carlsberg France (propriétaire de Kronenbourg) et AB InBev. À eux trois, ces groupes concentrent la grande majorité des volumes écoulés dans l’Hexagone, un signe d’un marché arrivé à maturité où la fidélité aux grandes marques reste forte, même si elle s’érode doucement.
Les marques de bière les plus vendues en France
Heineken, toujours en tête
La marque néerlandaise conserve sa place de leader en France, avec environ 14 % de parts de marché. Sa force repose sur une distribution massive, une image de qualité constante et une présence quasi systématique dans les rayons comme dans les bars. Sa version sans alcool, Heineken 0.0, tire particulièrement bien son épingle du jeu et accompagne la marque vers de nouveaux consommateurs plus attentifs à leur santé.
Leffe, la valeur montante des bières d’abbaye
Juste derrière, Leffe s’impose comme la référence des bières de spécialité et d’abbaye. Son positionnement plus qualitatif séduit des consommateurs prêts à payer un peu plus cher pour une bière perçue comme plus authentique, en phase avec la tendance de fond vers la « premiumisation » du marché.
1664, l’ambassadrice du savoir-faire français
Produite par les Brasseries Kronenbourg, la 1664 reste l’une des lagers les plus achetées du pays, avec près de 10 % de parts de marché. Elle mise sur son ancrage local — une large part des bières vendues en France y sont également brassées — et diversifie sa gamme avec des déclinaisons comme la 1664 Blanc, aujourd’hui un moteur de croissance important pour la marque.
Les autres marques qui comptent
Derrière ce trio de tête, plusieurs noms restent incontournables : Kronenbourg (la lager historique du groupe), Stella Artois, Pelforth, Meteor pour son ancrage régional, ou encore Grimbergen et Affligem sur le segment des bières d’abbaye. Ensemble, elles complètent un paysage où les lagers blondes classiques dominent toujours largement les habitudes de consommation, même si leur suprématie n’est plus aussi incontestée qu’auparavant.
Ce que boivent réellement les Français
La bière blonde reste, de loin, le style le plus consommé : elle est présente chez la quasi-totalité des amateurs de bière. Viennent ensuite la bière blanche, appréciée pour son côté fruité et désaltérant, puis les bières de spécialité, catégorie en plein essor qui regroupe les bières d’abbaye, les bières ambrées et les styles plus typés comme les IPA.
Le format évolue lui aussi : la canette en aluminium continue de gagner du terrain face à la bouteille en verre, portée par sa praticité et son image plus écoresponsable. Aujourd’hui, environ une bière sur quatre vendue en France l’est sous ce format.
Les grandes tendances qui redessinent le marché en 2025-2026
L’explosion des bières sans alcool
C’est sans doute la tendance la plus marquante de ces deux dernières années. Portées par une recherche croissante de modération et de bien-être, les bières sans alcool affichent une croissance à deux chiffres, largement supérieure à celle du reste du marché. Toutes les grandes marques ont désormais leur déclinaison 0.0, et cette catégorie est identifiée comme l’un des principaux leviers de développement pour les années à venir.
Le retour en force du local et de l’artisanal
Longtemps dominé par quelques multinationales, le marché voit aussi grandir un contre-mouvement : celui des microbrasseries. On en compte aujourd’hui plusieurs milliers en France, et une majorité de consommateurs déclare désormais préférer une bière locale à une bière industrielle. Ce mouvement pousse même les grandes marques à mettre en avant leur ancrage français pour ne pas perdre de terrain.
La montée en gamme des bières de spécialité
Face à l’essoufflement des lagers classiques, dont les volumes reculent d’année en année, les Français se tournent vers des bières à l’identité plus marquée : bières d’abbaye, bières ambrées, IPA ou bières aromatisées. Cette « premiumisation » se traduit par une hausse des prix moyens, les consommateurs acceptant de payer davantage pour une expérience de dégustation plus qualitative.
Le classement des bières les plus consommées en France en 2025 et 2026 reste dominé par les grandes marques historiques, Heineken, Leffe et 1664 en tête, mais le marché est clairement à un tournant. Entre la stagnation des volumes, la montée irrésistible du sans-alcool et le regain d’intérêt pour les brasseries locales, la bière que boiront les Français demain ne sera sans doute plus tout à fait la même que celle d’aujourd’hui.









