Entre les grandes maisons industrielles historiques et le renouveau du pastis artisanal, sans oublier une surprise venue tout droit du Pacifique, voici une sélection des pastis les plus consommés en France.
Ricard, le pastis de Marseille, la référence historique

Impossible de ne pas commencer par lui. Créé par Paul Ricard en 1932, c’est le pastis fondateur, celui qui a donné son nom au genre entier dans l’imaginaire collectif. Sa recette, tenue secrète, mise sur une infusion d’herbes méditerranéennes (dont le safran) qui lui donne un profil plus herbacé et une couleur jaune orangé reconnaissable entre mille.
Pastis 51, le plus vendu de France

Lancé par Pernod en 1951 pour concurrencer Ricard, le « 51 » est aujourd’hui le pastis le plus consommé en France. Son profil, plus franc et directement centré sur l’anis étoilé, séduit par sa simplicité et son excellent rapport qualité-prix au quotidien.
Pernod, l’ancêtre anisé

Héritier direct de l’Anis Pernod déposé en 1918, avant même l’invention du mot « pastis », Pernod reste une référence historique du genre, avec une identité aromatique un peu plus douce et moins marquée par l’anis pur que ses concurrents.
Henri Bardouin, le pionnier du pastis artisanal haut de gamme

Élaboré par les Distilleries et Domaines de Provence à Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ce « Pastis Grand Cru » est composé de plus de 65 plantes et épices, cueillies localement sur le plateau des Mourres ou importées du monde entier (badiane de Chine, réglisse du Moyen-Orient, cardamome de l’océan Indien…). Considéré comme le précurseur du segment premium, il a été plusieurs fois médaillé d’or au Concours Général Agricole de Paris.
Casanis, le pastis marseillais tout en rondeur

Autre institution phocéenne, produite dans la même distillerie que Duval, Casanis se distingue par un profil plus doux et plus rond, apprécié des palais moins habitués à l’amertume anisée prononcée.
Duval, la tradition marseillaise

Marque emblématique de Marseille, Duval perpétue une recette traditionnelle et reste un incontournable des bars du Sud, aux côtés de Casanis.
Distillerie Janot, le savoir-faire d’Aubagne

Installée à Aubagne, la distillerie Janot produit plusieurs pastis dans une logique plus artisanale, revendiquant un ancrage local fort et un savoir-faire provençal transmis de génération en génération.
Berger, le blanc et le jaune

Moins connue du grand public mais bien implantée dans le paysage des anisés français, la maison Berger propose deux versions de son pastis, un blanc et un jaune, chacune avec sa propre identité aromatique.
12/12, le pastis de Saint-Tropez

Née d’une bande d’amis d’enfance tropéziens amateurs de pétanque, cette marque récente réinvestit une tradition locale antérieure au Pastis 51, avec une macération de plantes récoltées à la main dans le Golfe de Saint-Tropez (figue, myrte, thym) et une touche d’amaretto en clin d’œil à la communauté italienne du village.
Tahitian Pastis (distillerie Va’eva’e), le pastis polynésien sacré meilleur du monde
La vraie surprise de ce classement vient de Polynésie française. Élaborée par la distillerie Va’eva’e, installée sur l’île de Taha’a, cette création 100 % polynésienne a créé l’événement en juin 2026 en étant élue meilleur pastis du monde aux World Drinks Awards de Londres, devançant plusieurs références du Sud de la France.
Sa particularité : une base d’alcool de canne à sucre bio (donc, techniquement, proche d’un rhum agricole), sur laquelle viennent s’infuser badiane, fenouil, anis vert, un peu de réglisse et une touche de cannelle locale, les plantes anisées ne poussant pas naturellement dans l’archipel, elles y sont importées puis redistillées sur place. Son créateur, Olivier Duret, revendique environ 80 essais avant d’arriver à la recette définitive. Produit en quantités confidentielles (environ 1 500 bouteilles par an) et vendu uniquement sur le fenua, le Tahitian Pastis n’est pas exporté, mais son sacre international a mis en lumière tout un pan de la distillation artisanale polynésienne, jusque-là méconnue en dehors du Pacifique.
Comment bien déguster son pastis
Traditionnellement, le pastis se sert très dilué : comptez 2 cl de pastis pour environ 10 cl d’eau fraîche, soit un ratio d’environ 1 pour 5. Un dosage plus généreux est parfois surnommé « 102 » ou, en triple dose, « 153 ». L’eau doit toujours être ajoutée après le pastis, jamais l’inverse, afin de bien observer le trouble se former progressivement dans le verre.









