Cognac en tête, vodka en progression, liqueurs bien installées : les spiritueux français continuent de rayonner à l’international, malgré une année 2025 marquée par les tensions commerciales avec les États-Unis et la Chine. Voici un panorama des spiritueux made in France les plus exportés, avec les chiffres clés du secteur.
Le cognac, toujours numéro un malgré une année difficile
Sans surprise, le cognac reste de loin le spiritueux français le plus exporté en valeur, avec 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’export. Il devance très largement l’ensemble des autres catégories de spiritueux tricolores réunies. Mais 2025 a marqué un net coup de frein pour l’appellation charentaise, avec un recul de 23,8 % en valeur et de 14,7 % en volume sur un an, conséquence directe des tensions commerciales avec ses deux premiers marchés, les États-Unis et la Chine.
La vodka française, deuxième spiritueux le plus exporté
Moins attendue sur le podium, la vodka française s’impose en deuxième position des spiritueux exportés, avec 417 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’export, en quasi-stabilité sur un an. Une performance notable dans un contexte général de recul du secteur, portée par des marques françaises qui misent sur le bio et le positionnement premium à l’international.
Liqueurs, eaux-de-vie et marcs : le podium se complète
Les liqueurs françaises complètent le podium avec 370 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’export, en léger repli de 1,8 %, confirmant une résilience relative par rapport aux autres catégories. Les autres eaux-de-vie et marcs, catégorie qui regroupe notamment l’Armagnac et diverses eaux-de-vie de fruits, totalisent 150 millions d’euros à l’export, en baisse de 10,3 % sur un an, également pénalisés par le contexte tarifaire chinois et américain.
Le rhum français, une niche en tension sur 2025
Le rhum français, notamment issu des Départements d’Outre-mer, réalise 116 millions d’euros à l’export, en recul de 13,9 % sur l’année. Historiquement porté par une image qualitative forte (rhums agricoles AOC Martinique en tête), ce segment reste une niche stratégique pour la filière, avec un potentiel de croissance à moyen terme sur les marchés premium.
Où partent les spiritueux français ?
Les États-Unis et la Chine concentrent à eux seuls près de 50 % des exportations françaises de spiritueux, ce qui explique la forte sensibilité du secteur aux tensions commerciales de ces dernières années. En 2025, les droits de douane américains de 15 % combinés à un taux de change défavorable, ainsi que les droits anti-dumping chinois visant les eaux-de-vie de vin européennes (en représailles au différend sur les véhicules électriques), ont directement pesé sur les volumes expédiés vers ces deux marchés.
Sur l’ensemble de la filière vins et spiritueux, le chiffre d’affaires à l’export atteint 14,3 milliards d’euros en 2025, en recul de 7,9 % sur un an, mais la filière conserve son rang de troisième excédent commercial français, derrière l’aéronautique et les parfums-cosmétiques.
Pourquoi 2025 a été une année charnière pour l’export
Trois facteurs expliquent ce repli généralisé des exportations de spiritueux français :
– Les droits de douane américains de 15 % sur les vins et spiritueux européens, associés à un euro fort.
– Les droits anti-dumping chinois visant les eaux-de-vie de vin (cognac, armagnac, brandies), dans un différend commercial plus large avec l’Union européenne.
– Un marché chinois déjà fragilisé économiquement, réduisant la demande sur les produits premium.
Malgré une année 2025 sous tension, le cognac reste, et de très loin, le porte-étendard des spiritueux français à l’international, devant la vodka, les liqueurs, les eaux-de-vie et le rhum. L’enjeu pour la filière en 2026 sera de diversifier ses débouchés au-delà des marchés américain et chinois, pour réduire sa dépendance aux tensions commerciales géopolitiques.










